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Souveraineté alimentaire - débat urgent | Souveraineté alimentaire - débat urgent |
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Embargo 19/3/08 – 6 a.m. Check against delivery
Nahrungsmittelkrisse – Debatte im Nationalrat, 12. Juni 2008
Monsieur le Président, Madame la Conseillère fédérale, Mesdames et Messieurs, Chers collègues,
La récente flambée des prix des denrées alimentaires sur le plan mondial prend des dimensions inquiétantes pour les plus démunis de cette planète, qui consacrent près de 80% de leur budget à leur alimentation. Si ce problème ne trouve pas de solutions, il pourrait déclencher une réaction en chaîne – affectant le commerce international, la croissance économique, le progrès social et même la sécurité politique dans le monde entier. Il y a presque un milliard (862 millions) de personnes qui n’ont pas un accès adéquat à la nourriture. L’actuelle augmentation des prix des denrées alimentaires résulte de différentes causes : spéculation sur les marchés financiers, changement des modes de consommation dans les pays émergents, changement climatique, flambée du prix du pétrole et boom des énergies renouvelables en substitution aux énergies fossiles. Une cause qui n’a pas suscité autant d’attention que les autres, car ses effets ne se voient pas à court terme, est l’investissement dans la recherche et le développement agricole. Celui-ci a diminué constamment au cours de ces 20 dernières années. Or, cet investissement est d’une importance fondamentale. La banque mondiale note dans son rapport qu'un tel investissement a « un taux interne de rendement de 43 pour cent en moyenne ». Face à cette situation, quelles sont les mesures à prendre ? La souveraineté alimentaire, la possibilité pour un pays d'être maître de ses priorités en termes de politique agricole et d'approvisionnement alimentaire doit être posé et reconnue notamment au sein de l’Organisation mondiale du commerce. Il est regrettable que les dirigeants de cette planète, réunis la semaine dernière à Rome dans le cadre de la FAO, n’aient pas reconnu ces principes fondamentaux. Les dernières pénuries alimentaires ont montré qu’une ouverture pure et simple des marchés ne fonctionnait pas. Les subventions à l’exportation, nuisibles pour ces pays, doivent être supprimées le plus rapidement possible. Le ciblage précis des aides octroyées devrait être réévalué. Les aides au développement doivent être re - orientées vers l’agriculture vivrière. En ce qui concerne les pays industrialisés, il est impératif que le rôle multifonctionnel de leur agriculture soit reconnu. Pour résoudre en profondeur la question de la faim dans le monde, il est essentiel que chaque pays optimise l’utilisation de ses ressources potentielles et améliore ses rendements. Il faudra, en effet, doubler la production alimentaire pour nourrir une population mondiale actuelle de 6 milliards et qui atteindra 9 milliards à l’horizon 2050. Mais le secteur agricole ne se réformera pas du jour au lendemain. Pour cette raison la Suisse doit être déterminée à poursuivre, à continuer d’axer sa politique agricole sur la durabilité. Elle doit veiller à optimiser, voir renforcer son degré d’auto – approvisionnement en positionnant au mieux ses produits aussi bien sur le marché intérieur qu’extérieur notamment au sein de l’Union europénne. Pour rappel, la production indigène ne couvre que 55 à 60% de nos besoins alimentaires. . Dans ce contexte, maintenir une surface exploitée et productive suffisante relève de la plus haute priorité. Ce sera un des enjeux de la révision de la Loi sur l’aménagement du territoire que nous aurons à traiter au cours de cette législature. Répondant aux attentes et exigences des consommateurs, les matières premières indigènes devront être rémunérées de façon à ce que les familles paysannes puissent en dégager un revenu décent. Nous disposons dans notre pays d’un fort pouvoir d’achat. Un exemple pour illustrer mes propos. Alors que seulement 7 minutes de travail suffisent à Genève pour s’acheter un kilo de pain, il faut travailler 2,5 fois plus à Paris, soit 17 minutes pour acquérir le même produit. Sur le plan politique, il faudra également veiller, au travers du principe du Cassis de Dijon et de nos accords bilatéraux, à préserver une déclaration sans faille de l’origine des matières premières agricoles. Les consommateurs doivent pouvoir faire leur choix en toute connaissance de cause. La Suisse devra également renforcer la recherche agricole et la vulgarisation afin d’utiliser pleinement ses capacités de gestion et de technologies assurant ainsi un développement agricole durable. Je suis convaincu que nous devrons donner une réponse forte à ce défi gigantesque tant sur le plan mondial qu’au niveau de notre pays. Veillons, au cours de cette législature, à prendre les bonnes décisions qui permettront de maintenir en Suisse une agriculture de proximité forte, productive et diversifiée. La question alimentaire est liée au fondement de toute vie sur cette planète.
Merci de votre attention |
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