Skip to content

Jacques Bourgeois

Accueil arrow Presse arrow Articles publiés arrow Agri du 3 août 2007
Agri du 3 août 2007 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Jacques Bourgeois au Conseil national

Le directeur de l'Union suisse des paysans (USP) est candidat sur la liste radicale au Conseil national cet automne. Une bonne affaire pour les paysans? Interview.
La candidature du directeur de l'USP suscite des interrogations dans les campagnes. S'il est vrai que l'agriculture a besoin de représentants forts à Berne, certains doutent de la pertinence de cette candidature. Ils s'inquiètent de voir Jacques Bourgeois se profiler politiquement sur le plan national.
En effet, le directeur de l'USP a acquis ses lettres de noblesse. Notre très sérieux confrère «Le temps» disait de lui qu'il était «un des hommes les plus influents à Berne en dehors du sérail politique». Il n'y a aucun doute, Jacques Bourgeois a su se profiler comme interlocuteur reconnu par tous les partis politiques et par la presse.
Dès lors, en entrant au Conseil national avec une étiquette politique, ne risque-t-il pas de perdre de sa crédibilité? En effet, même s'il ne change pas son discours, les parlementaires des autres partis verront en lui en premier lieu un adversaire politique plutôt que le représentant des paysans. Quant à la presse, elle lui collera sur le front l'étiquette de politicien avant celle de paysan. Interview.


«Agri»: Votre grande crédibilité actuelle tient, semble-t-il, au fait que vous agissiez hors du sérail politique. Est-ce vraiment opportun d'entrer au Conseil national?
Jacques Bourgeois:
Je ne partage pas votre analyse. Ma crédibilité auprès des médias et des hommes politiques ne tient pas au fait que je sois hors du sérail politique, mais à la solidité des dossiers que nous défendons. A l'USP, nous construisons nos prises de position et nos argumentaires sur la base d'études factuelles solides. C'est le sérieux de ce travail qui est reconnu et le travail de persuasion qui y est lié.
Sur le plan politique, je suis d'ailleurs déjà engagé comme député radical fribourgeois. Je constate régulièrement les avantages de cette action politique. Si je suis élu et que j'entre dans l'hémicycle du Conseil national, je pourrai étendre mon action de défense des paysans dans les commissions, au sein des groupes parlementaires et à la tribune. Ces nouveaux lieux d'action ne m'empêcheront nullement d'agir en coulisse comme actuellement.


En étant conseiller national radical, serez-vous encore un partenaire crédible pour négocier avec les verts ou les socialistes?
J. B.:
J'affiche déjà l'étiquette radicale, ce qui ne m'a jamais porté préjudice lors des négociations avec les autres partis politiques ou lors de dialogues avec d'autres parlementaires. C'est une question de positionnement personnel. Jusqu'à aujourd'hui, je me suis efforcé d'être, face à mes partenaires, une personne à l'écoute et ouverte au dialogue. Mon positionnement clair à toujours été apprécié, efficace et payant.
Je n'entends pas en changer si j'entre dans les rangs du Conseil national. J'ai la certitude qu'en franchissant le seuil de l'hémicycle, les rapports que j'entretiens avec ces partenaires vont s'en trouver renforcés. En tant qu'élu du peuple, ma crédibilité n'en sera que meilleure.


En étant rattaché à un groupe politique aux Chambres fédérales, n'allez-vous pas perdre de votre liberté d'action pour défendre les paysans?
J. B.:
Clairement, non. Et je l'ai déjà prouvé dans mon canton lorsque que le Parlement fribourgeois a eu à se prononcer sur le soutien à Prolait. Malgré des voix discordantes au sein de mon parti, j'ai mis toute mon énergie à soutenir ce projet et nous avons réussi à doter Prolait de moyens financiers lui permettant d'affronter l'avenir. Un investissement pour le futur.
Je revendique une identité radicale, je partage toutes les valeurs de mon parti: la défense de la libre entreprise, la responsabilité individuelle, le rôle cadre de l'Etat, mais, dans mes actions, je suis d'abord paysan et ensuite radical.


Il y a déjà des conseillers nationaux radicaux paysans. N'aurait-il pas été plus efficace de militer avec les Verts?
J. B.:
Production de proximité, limitation des transports, respect de l'environnement, production d'énergie verte sont des thèmes d'avenir pour notre société. Le groupe des Verts est un partenaire nécessaire et incontournable de l'agriculture. J'entretiens d'excellentes relations avec eux et j'entends les poursuivre. Personnellement, je suis soucieux de l'environnement, je me sens responsable face aux générations futures.
Je ne suis pas, pour autant, toujours d'accord avec eux sur les instruments à mettre en oeuvre pour préserver l'environnement. Les valeurs et les solutions proposées par les Radicaux me semblent plus adéquates. Les Verts n'ont pas le monopole de l'écologie. On peut être radical et écologiste. Ce qui, par ailleurs, ne fait qu'améliorer la qualité du dialogue.


Actuellement, vous bénéficiez d'une très bonne réputation comme directeur de l'USP auprès des journalistes. Ne risquez-vous pas de perdre cette aura?
J. B.:
Au contraire. Mon intention est de m'investir sur tous les dossiers que doit traiter un homme politique de la même manière que je le fais actuellement sur les dossiers agricoles et les autres dossiers défendus au Grand Conseil fribourgeois avec succès dans les domaines notamment économique, social et familial. Cette ouverture au large éventail des problématiques que doit connaître un politicien ne fera que renforcer ma crédibilité.


Le mandat de conseiller national est-il compatible avec votre fonction de directeur? Aurez-vous encore assez de temps pour vous occuper de l'USP?
J. B.:
Des aménagements seront nécessaires. Si je suis élu, je me déchargerai de certaines tâches administratives, telles les finances et les prestations de services. Je me concentrerai sur la stratégie d'entreprise et les dossiers politiques et économiques. Tout cela a été soupesé avec soin et a fait l'objet de première discussion au sein de la direction avant que je ne dépose ma candidature. Les deux fonctions sont parfaitement compatibles.


Lors de votre accession à la direction de l'USP, on dit que vous vous étiez engagé à ne pas briguer de mandat politique nationale. Est-ce juste?
J. B.:
Lors de ma nomination, la question avait été posée pour les élections de 2003. A l'époque, j'avais clairement mentionné que je voulais, dans un premier temps, me concentrer sur l'opérationnel et poser les structures. Ce qui a été réalisé. L'organigramme a été revu, la direction réduite à 7 membres et nous avons été certifiés ISO. J'avais également mentionné, à l'époque, que je ne pouvais rien prédire pour les années futures. J'aimerais aussi préciser que ma candidature n'a pas été prise à la légère: elle a été discutée lors des séances de direction, du comité présidentiel et du comité.


Propos recueillis par Christian Pidoux
c. pidoux

 
< Précédent   Suivant >